Tout public
en 1 coup d'œil
plus en détail

Michel Voïta

Dire «Noces»
d’Albert Camus  

Cette interprétation de Camus par Voïta est une méditation sur le tragique de l’existence face à la beauté solaire du monde.
Me 22 mars 2017 20h00
Théâtre / dès 14 ans
90 min. / CH

Théâtre du Pommier

Plein tarif 25.– / AVS, AI, chômeur 17.– / Etudiant, apprenti, CarteCulture CARITAS 10.– / Autres cartes 15.– (voir conditions) / Elève du CCN 5.–

Michel Voïta

Dire «Noces»
d’Albert Camus  

Mise en scène et jeu Michel Voïta Soutien Loterie Romande Compagnie Théâtre Adélie 2 (CH)

Apprendre l’œuvre d’un grand écrivain, s’en imprégner pour la transmettre au mieux, c’est bien sûr un travail monumental mais c’est surtout, pour Michel Voïta, un plaisir quotidien. Après «Dire Combray», l’acteur romand nous propose une immersion lente et passionnante dans l’univers d’Albert Camus. Dans cet esprit, «Noces» et trois textes de «L’Eté» se sont imposés à lui. Ici, le spectaculaire, c’est le texte. Un texte et un acteur à son service. Un texte qui, à défaut d’être donné dans son intégralité, est autant que faire se peut, restitué dans sa continuité.


«L’aventure que j’aimerais poursuivre avec Camus a commencé il y a trois ans avec Marcel Proust. J’avais mémorisé alors trois longs extraits du premier chapitre de son chef-d’œuvre «A la Recherche du temps perdu». Avec une chaise et un guéridon pour seuls accessoires, je disais ce texte magnifique, ayant pour but premier de le donner à entendre. Dans la complexité de sa phrase, dans ses digressions, mais également dans son humour. Surtout, je me refusais à extraire des morceaux choisis de l’œuvre, voulant le plus possible proposer le texte de Proust dans sa continuité. Cette présentation a, de manière inattendue, rencontré un très vif succès tant critique que populaire et bientôt, ce sont 45 représentations qui ont été programmées en Suisse et à Paris, dont une vingtaine de représentations scolaires pour des étudiants.

Apprendre l’œuvre d’un grand écrivain, s’en imprégner pour la transmettre au mieux, c’est bien sûr un travail monumental, mais c’est surtout un plaisir quotidien. Une immersion lente et passionnante que je souhaiterais vivre dans l’univers d’Albert Camus. Dans cet esprit, «Noces» et trois textes de «L’Eté» se sont imposés.

Le principe est le même que pour le Proust. Un costume neutre (chemise noire, pantalon noir) une chaise, une petite table. Ici, le spectaculaire, c’est le texte. Un texte et un acteur à son service. Un texte qui, à défaut d’être donné dans son intégralité, est autant que faire se peut, restitué dans sa continuité.

Pour parvenir à cette apparente simplicité et que le texte s’impose dans sa tranquille évidence, il faut donc, comme pour le Proust, des mois de lecture et de mémorisation. Petit à petit, je m’efforce d’entrer dans le détail de chaque phrase pour tenter de comprendre la nécessité de chaque virgule, point, ou point-virgule, pour comprendre de l’intérieur pourquoi passer d’une idée à l’autre, d’un mot à l’autre, d’une image à l’autre. Etre minutieux, scrupuleux et ne pas être pressé... Elle est souvent longue la maturation qui nous fait entrer au cœur du texte pour finalement l’offrir à ceux qui seront venus l’entendre.

Camus nous parle au présent. Journaliste, il fut «la mauvaise conscience de son temps» et son exigence de vérité pourrait servir d’horizon, sinon de déontologie à ceux qui se destinent à ce métier. Ecrivain, il fut à la recherche d’un langage qui pèse sur la terre et qui parle à tous, à l’inverse de ce qu’il appelait «le verbiage humanitaire». Philosophe, il a affirmé que «la liberté est dangereuse, dure à vivre autant qu’exaltante» et que les lois de l’esprit sont plus fortes que celles de l’histoire ou de ses avatars modernes. Homme enfin, il nous rappelle que, si nous ne sommes jamais totalement innocents et portons chacun notre peste, un homme est «celui qui s’empêche» et fixe des limites devant l’horreur et le mensonge.»
 
Michel Voïta
13_dire_noces03_rvb.jpg13_dire_noces01_rvb.jpg13_dire_noces02_rvb.jpg