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La Route du Levant

mise en scène de Dominique Ziegler  

Le thème du djihadisme abordé au théâtre dans une mise en scène ciselée et efficace. Un débat rhétorique sous la forme d’une fable policière.
Lu 8 mai 20h00
Ma 9 mai 20h00
Théâtre / dès 14 ans
80 min. / CH

Théâtre du Pommier

Plein tarif 25.– / AVS, AI, chômeur 17.– / Etudiant, apprenti, CarteCulture CARITAS 10.– / Autres cartes 15.– (voir conditions) / Elève du CCN 5.–

en complément

Rencontre avec l’auteur à l’issue des représentation

Le site de Dominique Ziegler

La Route du Levant

mise en scène de Dominique Ziegler  

Texte et mise en scène Dominique Ziegler Assistance à la mise en scène Jacqueline Ricciardi Jeu Ludovic Payet (2e rôle en cours de distribution) Scénographie, création lumière et régie générale Alex Kurth Création sonore Graham Broomfield Administration Muriel Décaillet Compagnie Les Associés de L’Ombre (CH) Soutiens Ville de Genève, Loterie Romande, Fondation Leenaards, Fondation Jürg George Bürki, Fonds d’encouragement à l’emploi des intermittents genevois (FEEIG), Fondation Suisse des artistes interprètes, Fondation privée genevoise, Commune de Plan-Les-Ouates, Commune de Meinier Coproduction Théâtre du Grütli
Dans un commissariat français, un jeune aspirant djihadiste est déferré devant un policier proche de la retraite. Au fur et à mesure de l’interrogatoire, les masques vont tomber et les intentions des protagonistes se préciser. Le rapport humain entre les deux personnages va évoluer de façon inattendue. Grand succès lors de sa création l’an passé à Genève, «La Route du Levant» est un spectacle sans temps mort et d’une actualité incontournable.

Commencée avant les attentats de Charlie Hebdo, cette pièce entend confronter, par le biais de la fiction, l’incarnation de deux camps opposés: l’extrémiste islamiste, ennemi affiché des valeurs occidentales et le fonctionnaire républicain, défenseur de la conception officielle de ces valeurs.

Le départ pour le djihad de jeune gens, éduqués dans les écoles républicaines, ayant vécus toute leur vie dans la société occidentale – et pour certains sans aucun lien ethnique ou spirituel préexistant avec une quelconque obédience religieuse – demeure un mystère, malgré l’écho médiatique que rencontre cette problématique. Aucune analyse n’a pu éclaircir ce phénomène de façon totalement satisfaisante, aucun contre-feu n’est parvenu à l’endiguer.

Les réponses de nos sociétés occidentales semblent vouées à l’échec. L’injustice des rapports sociaux et géopolitiques est un facteur déterminant de crispation. Le spectacle traite en filigrane de cette impasse; à travers la figure du flic de bonne volonté, mais dans l’incapacité de convaincre son interlocuteur, c’est bien la faillite d’un système qui apparaît. Le délaissement social d’une grande partie de la population autochtone occidentale pousse de nombreux jeunes à s’identifier à une cause lointaine qui prend comme prétexte cette injustice fondamentale et lui oppose une forme de violence choquante et inédite.

Le policier argumentera de manière alternativement logique, philosophique et éthique pour convaincre son interlocuteur du bienfondé de ses positions et de la viabilité du système politique qu’il défend. L’utopie morbide qui préside aux destinées des aspirants djihadistes se verra, de son côté, étayée et défendue par le jeune converti. Il s’agit avant tout d’un débat rhétorique sous couvert d’une intrigue policière.

La pièce revient aussi sur l’instrument technologique qui a changé totalement la donne dans cette nouvelle guerre: internet. Le net permet de recruter à la vitesse de l’éclair les jeunes personnes en rupture avec le projet supposément démocratique de l’Occident et qui rejettent en bloc le meilleur comme le pire de ses valeurs. Le net, produit de cette société même qu’ils conspuent, permet le lavage de cerveau, la propagande massive qui utilise parfois les codes de l’entertainment hollywoodien pour les retourner contre leurs initiateurs, pour défendre une conception rigoriste et extrémiste de la religion, opposée drastiquement à toute alternative culturelle ou religieuse.

Mais inversement, internet permet aussi à la police de traquer et d’arrêter les djihadistes. Il permet d’accumuler des preuves, parfois de déjouer des attentats. Cette technologie a bouleversé les pratiques personnelles et professionnelles des êtres humains au quotidien, mais elle a aussi contribué à l’épanouissement d’une idéologie antimoderniste, tout comme elle a concouru à servir ceux qui la combattent.

Dans une unité de temps et de lieu, le spectateur sera immergé dans l’interrogatoire et sera lui aussi confronté aux visions subjectives de l’un ou l’autre des deux camps. A travers la joute verbale et l’enquête policière, c’est notre monde à son stade actuel de développement qui est interrogé. La pièce présente de façon tragi-comique la confrontation de deux lectures diamétralement opposées du monde, deux visions apparemment inconciliables du sens de la vie et de l’organisation de la société.
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