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Conférence de Choses

Mise en scène de François Gremaud  

Une incroyable performance d’acteur qui repose sur l’essentiel: un comédien et un public dans un espace et un temps donné, sans effet et sans filet.
 mémo  Je 22 février 20h00
/ dès 16 ans
53 min. 33 sec. / CH

Théâtre du Pommier

Tarifs habituels
Plein tarif 25.– / AVS, AI, chômeur 17.– / Etudiant, apprenti, CarteCulture CARITAS 10.– / Autres cartes 15.– (voir conditions) / Elève du CCN 5.–

en complément

 
POUR ASSISTER À TOUTES LES CONFÉRENCES

Conférence de choses (1)
16 février – Le Locle www.grange-casino.ch
 
Conférence de choses (2 et 3)
20 et 21 février – Bienne www.spectaclesfrancais.ch

Conférence de choses (4)
22 février – Neuchâtel www.ccn-pommier.ch
 
Conférence de choses (5)
27 mars – Neuchâtel www.men.ch

Site de 2b company
Ce qu'ils en disent...
Revue de presse non-exhaustive
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Conférence de Choses

Mise en scène de François Gremaud  

Conception et mise en scène François Gremaud Jeu Pierre Mifsud Ecriture François Gremaud et Pierre Mifsud Administration, production et diffusion Michaël Monney Compagnie 2b company (CH) Soutiens Pro Helvetia, Fondation suisse pour la culture, Corodis, Loterie Romande, Fondation Leenaards, Fondation suisse des artistes interprètes, Fonds culturel de la Société suisse des auteurs. La 2b company est au bénéfice du contrat de confiance de la Ville de Lausanne. En 2016, ce spectacle a fait partie de la première édition de la Sélection suisse en Avignon, dispositif de promotion imaginé et financé par Pro Helvetia et Corodis Coproductions 2b company, Arsenic - Centre d’art scénique contemporain, Centre culturel suisse à Paris, avec la participation de far° festival des arts vivants Nyon Organisation Association Paroles
«Conférence de Choses» se présente comme une digression sans fin. Le corpus du texte permet huit heures de conférence présentées en un ou plusieurs épisode(s). Le processus d’écriture a consisté – en partant d’un sujet donné – à suivre sur Wikipédia une série d’hyperliens. Nous avons minutieusement recopié nos circulations «brutes» puis avons sélectionné les éléments que nous trouvions essentiels (certaines dates ou certaines informations – tantôt pour leur caractère didactique, tantôt pour leur caractère incongru).
 
A partir de cette structure – qui constitue le «squelette» de la conférence – nous avons inclus de nouveaux développements et de nouvelles digressions au fil de nos lectures et de nos improvisations. Ainsi, par exemple, Pierre Mifsud a-t-il développé une séquence mémorable autour de l’histoire de Phaéton – fils d’Hélios dans la mythologie grecque qui voulait conduire le char de son père, tout comme Carlos, fils de Françoise Dolto, qui chantait «L’Auto du Papa de Toto», etc... – alors que le mot «Phaéton» n’était qu’à peine mentionné (en tant qu’exemple de véhicule hippomobile) dans le «squelette» de départ.
 
Si le matériau est précis, il n’est jamais figé. La circulation est décidée et balisée d’étapes obligées, mais nous nous laissons la possibilité d’aménager de nouvelles «parenthèses» à l’intérieur du corpus établi, soit en fonction du lieu, soit de l’actualité, soit encore des réactions de l’audience (Pierre Mifsud – en formidable improvisateur – garde une marge de manœuvre et peut s’adapter à ce qui advient dans l’instant). Nous avons tenté de toujours «rythmer» le corpus texte de manière à maintenir l’intérêt du spectateur en éveil.
 
De l’ivresse de la durée et de l’étonnement philosophique
La durée de la conférence a été pensée afin que les spectateurs éprouvent (quasi «physiquement») que ce n’est pas tant la matière traversée qui importe, mais le fait qu’un homme la trouve suffisamment prodigieuse pour se proposer de la traverser, à la manière de l’ivrogne – une des figure possible de l’idiot – décrit par Clément Rosset comme suit:
 
«L’ivrogne est [...] hébété par la présence sous ses yeux d’une chose singulière et unique qu’il montre de l’index tout en prenant l’entourage à témoin, et bientôt à partie si celui-ci se rebiffe: regardez là, il y a une fleur, c’est une fleur, mais puisque je vous dis que c’est une fleur... Une chose toute simple, c’est-à-dire saisie comme singularité stupéfiante, comme émergence insolite dans le champ de l’existence. En quoi l’ivrognerie peut être invoquée comme une des voies d’accès possible à l’expérience ontologique, au sentiment de l’être; car l’ivrogne voit qu’il y a la rose et qu’elle est sans pourquoi [...]. Ce que perçoit l’ivrogne est avant tout la chose saisie dans sa singularité, c’est-à-dire une unicité qui contribue à la faire apparaître à la fois comme prodige – et c’est pourquoi il vocifère et attire sur elle l’attention des passants – et comme phénomène inconnaissable, incompréhensible. La chose est tellement unique, se suffisant à elle-même et se renfermant en elle-même, qu’il lui manque précisément tout autre chose à partir de quoi l’interpréter: elle est cela et rien que cela, là et rien que là.»
 
Nous voulons croire que l’expérience «physique» de la durée et l’ivresse suscitée par l’accumulation de sujets permettent d’accéder à cet état «d’ivrognerie» dont parle Clément Rosset, à cette perception des choses comme étant à la fois prodigieuses et incompréhensibles, à cet «étonnement» fondamental qui est à la base de toute pensée.
 
Par ailleurs, le fait de savoir la conférence intégrale si longue (huit heures!) nous semble permettre aux spectateurs qui décideraient de n’en voir qu’une partie de pouvoir «imaginer» le tout et de pouvoir malgré tout saisir la portée «philosophique» de notre proposition.
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d'une chose à l'autre